APOSTILLE AU NOM DE LA ROSE

Peut-être nous faudra-t-il renoncer à cette arrière-pensée qui domine constamment tous nos débats, à savoir que le scandale devrait être la preuve de la validité d’un travail. La dichotomie entre ordre et désordre, entre œuvre de consommation et œuvre de provocation, tout en perdant rien de sa valeur, devra elle aussi être réexaminée sous un autre angle : je crois qu’il sera possible de trouver des éléments de rupture et de contestation dans des œuvres qui apparemment sont de consommation facile et de s’apercevoir en revanche que certaines œuvres, qui semblent provocatrices et font encore bondir le public, ne contestent absolument rien…
p 745

Mais vient un moment où l’avant-garde (le moderne) ne peut pas aller plus loin, parce que désormais elle a produit un métalangage qui parle de ses impossibles textes (l’art conceptuel). La réponse post-moderne au moderne consiste à reconnaître dans le passé, étant donné qu’il ne peut être détruit parce que sa destruction conduit au silence, doit être revisité : avec ironie, d’une façon non innocente.
P 748

Umberto Eco
Apostille au Nom de la Rose
Le Nom de la rose, livre de poche



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