ACTIONS ET FINANCEMENTS
Qui mène la danse ? Le consortium

Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, de Frances Stonor Saunders, retrace comment, à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis mettent en place en Europe un vaste programme de propagande culturelle, destiné à contrebalancer l’influence communiste, programme qui se déroulera jusqu’en 1967, quand il éclatera au grand jour.

Ces extraits issus des chapitres Le consortium et César d’Argentine reviennent sur la manière dont étaient organisés les financements des actions culturelles de manière à ne pas apparaître publiquement.

Un moyen essentiel des efforts de la CIA pour mobiliser la culture comme arme de la guerre froide était l’organisation systématique d’un réseau de groupes ou d’amis « privés » en un consortium non officiel. C’était une coalition animée de l’esprit d’entreprise des fondations philanthropiques, des corporations d’affaires et d’autres institutions et individus, qui travaillaient main dans la main avec la CIA afin de fournir une couverture et d’ouvrir une voie d’accès à ses programmes secrets en Europe occidentale. A cela s’ajoutait que l’on pouvait compter sur ces « amis » pour exprimer les intérêts intérieurs et extérieurs du gouvernement, alors qu’ils paraissaient n’agir que de leur propre initiative. Tout en maintenant leur statut « privé », ces individus et ces groupes agissaient en réalité en tant que spécialistes du capital risque de la guerre froide désignés par la CIA.

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Un des premiers pionniers de cet organisme non gouvernemental quasi autonome ([le comité national pour une Europe libre ], [Allen] Dulles comprit que le succès du programme de guerre froide américaine dépendait de « sa capacité à apparaître indépendant du gouvernement, à avoir l’air de représenter les convictions spontanées d’individus aimant la liberté ». Par ce seul aspect, le Comité national pour une Europe libre sert de paradigme à la « corporatisation » par la CIA des mécanismes de la politique extérieures durant la période de la guerre froide.

Multipliant des comités et les sous-comités, les conseils de direction et d’administration, le Comité national pour une Europe libre se vantait que la liste de ses membres ressemblait au Who’s Who in America. Les relations étroites étaient vitales, et donnaient une nouvelle signification à la boutade de Paul Valéry, qui disait que l’ambition des Européens était d’être gouvernés par un comité d’Américains. On y trouvait Lucius Clay qui, en sa qualité de Haut Commissaire en Allemagne, avait donné le feu vert à Der Monat ; Gardner Cowles, président du groupe d’édition Cowles et un des administrateurs de la fondation Farfield ; Henry Ford II, président de la General Motors ; Oveta Culp Hobby, administrateur du musée d’Art moderne qui permit à la CIA d’utiliser plusieurs fondations familiales comme intermédiaires ; le cardinal de la guerre froide, Francis Spellman ; C.D. Jackson, vétéran de la guerre froide psychologique et directeur de Time-Life ; John C. Hughes, ambassadeur des Etats-Unis à l’OTAN ; Junke Fleischmann ; Arthus Schlesinger ; Cecil B. DeMille ; Spyros Skouras ; Darry Zanuck et Dwight D. Einseinhower. Ils étaient hommes d’affaires et avocats, diplomates et administrateurs du plan Marshall, directeurs d’agences de publicité et nababs des médias, réalisateurs de cinéma et journalistes, syndicalistes et, bien sûr, agents de la CIA – en grand nombre.

Tous étaient au fait de la situation. Pour la CIA, une personne « au fait » était « un homme du même monde, qui connaissait le langage, les termes codés, les coutumes et les symboles de reconnaissance. Etre un homme « au fait » était appartenir au club. Parler le langage. Comprendre les signes convenus. Connaître la force de la fraternité. Un « ignorant » restait dehors dans le froid, sans conscience de ce qui se passait autour de lui, sans connaissance des conceptions élitistes qui guidaient le cercle fermé de l’espionnage ».

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Douze mois exactement après sa création, ce noyau d’opérateurs « privés » avait fait progresser le Comité Europe libre de Dulles (nom sous lequel il devint connu) « des débuts hésitants à un vaste programme bien défini, avec des opérations de nature substantielle ». C’était « un instrument bien en main – qui tombait à point et déjà bien façonné » pour poursuivre la « victoire des idées ». Son personnel était de quatre cent treize personnes, deux cent une de nationalité américaine, beaucoup d’origine européenne, et deux cent douze « experts » exilés d’Europe de l’Est. Son budget pour la seule première année se monta à 1 703 266 dollars. Un budget séparé de 10 millions de dollars fut réservé à Radio Europe libre (Radio Free Europe ou RFE), fondée en 1950 à Berlin sous les auspices du Comité. En quelques années, RFE disposa de vingt-neuf stations, émit en seize langues différentes et usa de « tout l’arsenal oratoire de Démosthène et de Cicéron dans leurs Philippiques, contre tout individu soutenant le régime de Staline ». Elle rechercha également les services d’informateurs derrière le rideau de fer, contrôla les diffusions communistes, soutint les conférences anticommunistes et les écrits d’intellectuels occidentaux, et distribua sa « recherche » sur une échelle internationale auprès des universitaires et des journalistes (y compris ceux affiliés au Congrès pour la liberté de la culture).

Le collecteur de fonds du Comité Europe libre était la Croisade pour la liberté, dont un jeune acteur du nom de Ronald Reagan était un important porte-parole et agent de publicité. La Croisade pour la liberté servait à blanchir l’argent qui finançait un programme new yorkais dirigé par Bill Casey (futur directeur de la CIA) et appelé le Comité international de réfugiés, censé coordonner l’exfiltration de nazis d’Allemagne aux Etats-Unis où ils devaient aider le gouvernement dans la lutte contre le communisme.

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Commentant le dévouement de l’élite américaine […], Henry Kissinger écrit : « Il est durablement au crédit de cette génération d’Américains d’avoir assumé ces responsabilités, avec énergie, imagination et talent. En aidant à la reconstruction de l’Europe, en encourageant l’unité européenne, en modelant les institutions de coopération économique et en amplifiant la protection de nos alliances, ils ont sauvé la possibilité de la liberté. Cette explosion de créativité est une des heures glorieuses de l’histoire américaine. » Henry Breck, officier responsable de la CIA et ancien élève de l’école Groton, dit les choses autrement : « Bien entendu, si l’on est réellement en guerre, on doit combattre avec acharnement – et les classes supérieures sont celles qui se battent avec le plus d’acharnement. Ce sont elles qui ont le plus à perdre ».

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L’utilisation des fondations philanthropiques était le moyen le plus pratique pour passer de grosses sommes d’argent et financer les projets de la CIA sans alerter les bénéficiaires sur leur source. Au milieu des années cinquante, l’intrusion de la CIA dans le domaine des fondations était massive. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres pour cette période, le conseil général d’un comité du Congrès nommé en 1952 pour enquêter sur les fondations américaines concluait : « Une somme de pouvoir sans précédent se concentre de plus en plus entre les mains d’un groupe aux intérêts communs et qui se renouvelle sans cesse ; à la différence du pouvoir de la gestion des entreprises, il n’est pas contrôlé par les agents de change ; à la différence du pouvoir du gouvernement, il n’est pas contrôlé par le peuple ; à la différence du pouvoir des églises, il n’est pas contrôlé par les critères de valeur fermement établis. » En 1976, une Commission nommée pour enquêter sur les activités des services secrets américains fit un rapport sur la pénétration des fondations par la CIA au milieu des années soixante : de 1963 à 1966, des sept cents subventions de plus de 10 000 dollars données par cent soixante-quatre fondations, au moins cent huit comportaient un financement partiel ou total de la CIA. Plus important encore, la CIA était financièrement impliquée dans presque la moitié des subventions accordées par ces cent soixante-quatre fondations dans le domaine des activités internationales pendant la même période.

Les fondations bona fide telles que la Ford, la Rockefeller et la Carnegie étaient considérées comme « la meilleure et le plus plausible couverture financière ». Une étude de la CIA de 1966 affirme que cette technique était « particulièrement efficace pour les organisations composées d’adhérents et fonctionnant démocratiquement, lesquelles se doivent d’assurer leurs membres et leurs collaborateurs ignorants aussi bien que leurs critiques hostiles qu’elles ont d’authentiques et respectables sources privées de revenus  ». Elle permit certainement à la CIA de subventionner « un nombre apparemment illimité de programmes d’actions secrètes concernant groupes de jeunesse, syndicats ouvriers, universités, maisons d’édition et autres institutions privées  » à partir du début des années cinquante.

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Le chassé-croisé d’argent circulait à travers une foule de fondations intermédiaires, dont certaines servaient de couverture et d’autres de truchement. Plus de cent soixante-dix fondations sont connues pour avoir sciemment facilité le « passage » des fonds de la CIA, dont la fondation Hoblitzelle (intermédiaire de la Farfield), la fondation Littauer (donatrice de la Farfield), le fonds du district de Miami (autre donateur de la Farfield), le fond Price (prête-nom de la CIA), la fondation de charité Rabb (qui recevait de la fondation Price « bidon » de l’argent de la CIA qu’elle passait à la Farfield), le fonds Vernon (prête-nom de la CIA comme la Farfield, et dont le conseil d’administration approuvait tout sans discussion), et le Trust Whitney. Dans leur conseil d’administration siégeait la fine fleur de l’Establishment mondain, politique et financier américain.

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Constituée en 1936, la fondation Ford était la quintessence exonérée de taxes de la vaste fortune des Ford, avec des actifs dépassant les 3 milliards de dollars à la fin des années cinquante. Dwight Macdonald l’a mémorablement décrite comme « une vaste étendue d’argent complètement entourée de gens qui en veulent une part ». Les architectes de la politique culturelle de la fondation à la suite de la Seconde Guerre mondiale étaient en parfaite harmonie avec les impératifs politiques qui prescrivaient la domination de l’Amérique sur la scène du monde. A certains moments la fondation Ford sembla être simplement une extension du gouvernement en matière de propagande culturelle internationale. Par le passé, la fondation avait étroitement participé à des actions clandestines en Europe et collaboré avec le plan Marshall et les dirigeants de la CIA à des projets spécifiques. Cette réciprocité se développa encore davantage en 1952, lorsque Richard Bissel, le responsable du plan Marshall sous la signature de qui des fonds de contrepartie furent versés à Franck Wisner, entra à la fondation Ford et prédit justement que « rien n’empêchait un individu d’exercer autant d’influence en œuvrant dans une fondation privée qu’au gouvernement ».

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Bissel avait travaillé directement sous les ordres de Paul Hoffman, qui devient président de la fondation Ford en 1950. Cet administrateur du plan Marshall avait reçu une formation intensive sur les problèmes européens et sur le pouvoir des idées pour les aborder.

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L’une des premières initiatives de la fondation Ford après la guerre, en matière de diplomatie culturelle internationale, fut la création du programme de Publications interculturelles de 1952, confié à James Laughlin, éditeur de la collection New Directions (qui publiait George Orwell et Henry Miller) et gardien révéré des intérêts de l’avant-garde. Avec une subvention initiale de 500 000 dollars, Laughlin lança Perspectives, revue ciblée sur la gauche non communiste en France, Angleterre, Italie et Allemagne (et publiée en quatre langues). Son but, soulignait Laughlin, n’était pas « tant de battre les intellectuels de gauche en combat dialectique, que de les attirer hors de leurs positions par la persuasion esthétique et rationnelle ». De plus, la revue « promouvait la paix en renforçant parmi les intellectuels étrangers un sentiment de respect pour les réalisations non matérialistes de l’Amérique ».

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La fondation Rockefeller ne faisait pas moins partie intégrante que la Ford de la machine de guerre froide américaine. Fondée en 1913, elle avait pour principal donateur le légendaire John D. Rockefeller III. Ses actifs dépassaient les 500 millions de dollars, compte non tenu des 150 millions supplémentaires de la Rockfeller Brothers Fund Inc. – le fonds Rockefeller Frères, important cercle de réflexion fondé à New York en 1940. En 1957, le fonds réunit les esprits les plus influents du monde autour d’un Projet d’études spéciales, dont la tâche consistait à essayer de définir la politique étrangère américaine.

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La convergence entre les milliards Rockefeller et le gouvernement américain dépassait même celle de la fondation Ford. John Foster Duller, puis Dean Rusk présidèrent la fondation Rockefeller avant de devenir secrétaires d’Etat. D’autres poids lourds de la guerre froide, tels que John J. McCloy et Robert A. Lovett, tenaient un rôle de premier plan parmi les administrateurs de la fondation. La position centrale que Nelson Rockefeller y occupait garantissait des liens étroits avec les cercles du renseignement américain ; il avait eu la responsabilité générale du renseignement en Amérique latine pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, son collaborateur au Brésil, le colonel J.C. King, devint le chef des activités clandestines de la CIA pour tout l’hémisphère occidental. Quand Nelson Rockefeller fut nommé par Einsenhower au Conseil de sécurité nationale en 1954, sa mission consista à approuver diverses opérations clandestines. […] L’une des plus controversées de ces activités de la CIA fut le programme MK-ULTRA (ou « Candidat mandchou ») qui mena des recherches sur le contrôle mental pendant les années cinquante. Ces recherches reçurent des subventions de la fondation Rockefeller.

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Ces transactions indépendantes renouvelaient la pratique de l’intrigue politique et étaient le résultat inévitable de la semi-privatisation de la politique étrangère américaine durant ces années de guerre froide. […]

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L’argent et les intellectuels

Même s’il était rare qu’elle s’exprime ouvertement, il existait de plus en plus parmi certains intellectuels une tendance à considérer la générosité du gouvernement avec suspicion. Mais la question de la corruption n’inquiétait pas outre mesure la CIA sous les auspices de laquelle une grande part de cette manne était distribuée. « Il est des occasions où il vaut autant se laisser séduire, observe Donald Jameson. Je crois que tous ceux qui occupaient une position importante au Congrès [pour la liberté de la culture] étaient conscients que d’une manière ou d’une autre l’argent venait de quelque part, et si l’on regardait autour de soi, il n’y avait finalement qu’un seul choix logique. Et ils l’ont fait. Le principal souci de la plupart des universitaires et écrivains est comment être payé pour faire ce qu’on veut faire. Je pense que, généralement parlant, ils étaient disposés à prendre l’argent où ils pouvaient le trouver. Et c’est ainsi que le congrès et d’autres organisations similaires - à l’Est comme à l’Ouest - étaient considérés comme de grosses mamelles que tout le monde pouvait traire en cas de besoin, avant de s’en aller faire ce qu’on avait à faire. C’est une des raisons principales, je le crois réellement, du succès du congrès : il rendait possible d’être un intellectuel sensible et de manger. Et les seuls autres à le faire réellement étaient les communistes. »

Qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le sachent ou non, de très nombreux intellectuels occidentaux étaient désormais attachés à la CIA par un « cordon ombilical en or ». Si Crossman avait pu écrire dans son introduction au Dieu des ténèbres que « pour l’intellectuel, le confort matériel a relativement peu d’importance ; ce à quoi il attache le plus de prix, c’est la liberté de l’esprit », il semblait à présent que bien des intellectuels étaient incapables de ne pas taper dans l’assiette au beurre. Certains colloques du congrès « étaient surtout de la parade, et leurs participants faisaient parfois penser aux gens chics qui font la navette entre Saint-Tropez l’été et Saint-Moritz ou Gstaad l’hiver, écrit le soviétologue Walter Laqueur, habitué de ces colloques. Il régnait un certain snobisme, surtout en Grande-Bretagne ; une apparence extérieure de raffinement, d’esprit et de sophistication combinée à un manque de substance ; propos de table de mandarins universitaires et potins style Café Royal ». « Ces excursions élégantes et onéreuses, estime Jason Epstein, devaient donner bien du plaisir à ceux qui les faisaient aux frais du gouvernement. Mais c’était plus que du plaisir, car elles avaient la saveur du pouvoir. Quand les intellectuels visitaient New York, ils étaient conviés à de grandes réceptions ; il y avait des mets très coûteux à profusion, des domestiques, et Dieu sait quoi encore, dépassant de très loin ce que lesdits intellectuels auraient pu s’offrir. Qui n’aimerait pas être dans cette situation où l’on est politiquement correct tout en étant généreusement indemnisé pour la position que l’on a prise ? Et c’était l’occasion de la corruption qui s’ensuivait. »

Ceux qui ne touchaient pas d’allocation journalière à New York pouvaient profiter de la villa Serbelloni à Bellagio, dans le nord de l’Italie. Perchée sur un promontoire entre les lacs de Lecco et de Côme, la villa avait été léguée à la fondation Rockefeller par la principessa della Torre e Tasso (née Ella Walker). La fondation mettait la villa à la disposition du Congrès pour le séjour informel de ses membres les plus éminents - une sorte de mess des officiers où les combattants du front du Kulturkampf pouvaient recouvrer leurs forces. A l’arrivée, écrivains, artistes et musiciens étaient accueillis par un chauffeur en uniforme bleu portant le petit insigne « V.S. » à son revers. Les résidents ne recevaient pas d’« allocation » proprement dite, mais l’hébergement était gratuit, ainsi que tous les frais de voyage et de repas, et l’utilisation du court de tennis et de la piscine. Dans une lettre rédigée sur l’élégant papier à lettre de la villa, Hannah Arendt confie à Mary McCarthy : « On a l’impression d’habiter soudain une sorte de Versailles. Il y a cinquante-trois domestiques, y compris les hommes qui s’occupent des jardins... A la tête de ce personnel préside une sorte de maître d’hôtel qui date de l’époque de la principessa, avec un visage et les manières d’un gentilhomme du XVe siècle florentin. » McCarthy répond qu’elle a découvert qu’un cadre aussi luxueux n’est pas propice à un travail sérieux. En juin 1965, la villa offrit aussi un cadre agréable au séminaire du Congrès « Conditions de l’ordre mondial », organisé en collaboration avec Daedalus et l’Académie américaine des arts et des sciences.

Frances Stonor Saunders Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, traduit de l’anglais par Delphine Chevalier, Denoël Impacts, 2003


Extraits choisis

Les angles morts de l’histoire (Introduction)
Actions et financements (Le consortium, César d’Argentine)
Livres et propagandes (Les hommes de Ransom)
L’expressionnisme abstrait (Barbouille yankee)
Le cinéma et la CIA (Les furies de la garde)


METATEXTES


Frances Stonor Saunders Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, revue de presse par Ernesto Carmona
Quelques extraits, Introduction, Actions et financements, Livres et propagandes, L’expressionnisme abstrait, Le cinéma et la CIA

Finks, How the CIA tricked the world’s best writers ?
Une interview de Joel Whitney

Arte, Quand la CIA infiltrait la culture

Gabriel Rockhill La CIA et les intellectuels français


Illustration

Une photo de Zurrer, série Mickmaus romanze, Open musée Niepce




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