PANORAMA IMPERIAL IV

On parle souvent de la misère « nue » et ce n’est pas pour rien. Ce qu’il y a de plus affligeant dans son exhibition, qui a commencé à se répandre sous l’effet du dénuement et qui ne fait voir pourtant qu’une infime partie de ce qui est caché, ce n’est pas la pitié ou la conscience tout aussi affreuse de sa propre insensibilité qu’elle éveille chez l’observateur, mais sa honte. Impossible de vivre dans une grande ville allemande dans laquelle la faim pousse les plus démunis à vivre des billets dont les passant cherchent à couvrir une nudité qui les meurtrit.

Walter Benjamin
Sens unique
1928
Traduction et adaptation : Hélène Colette Fontaine
Edition : images pensées


Texte précédant PANORAMA IMPÉRIAL Texte suivant

Panorama impérial, texte complet et contexte


METATEXTE


TEXTE ORIGINAL

Kaiserpanorama IV

Nicht umsonst pflegt man vom »nackten« Elend zu sprechen. Was in seiner Schaustellung, welche Sitte zu werden begann unter dem Gesetz der Not und doch ein Tausendstel nur vom Verborgenen sichtbar macht, das Unheilvollste ist, das ist nicht das Mitleid oder das gleich furchtbare Bewußtsein eigener Unberührtheit, das im Betrachter geweckt wird, sondern dessen Scham. Unmöglich, in einer deutschen Großstadt zu leben, in welcher der Hunger die Elendsten zwingt, von den Scheinen zu leben, mit denen die Vorübergehenden eine Blöße zu decken suchen, die sie verwundet.


Texte précédant PANORAMA IMPÉRIAL Texte suivant


Tous les textes du Panorama impérial

D’autres textes de Walter Benjamin